L’eau, c’est la vie. Est-ce vrai pour la RD Congo?
« Il ne faudrait pas attendre d’être parfait pour
commencer quelque chose de bien », disait l’Abbé Pierre.
C’est avec cette conviction que l’Asbl Association Lueurs d’Espérance a, en collaboration avec le Centre de Formation Désiré de Kinshasa,
posé un geste de cœur en faveur de la population de Bibwa, à l’Est de Kinshasa.
L’Eau, c’est la vie. Et la Charte des Nations Unies
reconnait l’accès à l’eau potable comme un droit Certes, mais pour des millions
d’hommes et femmes, jeunes et vieux, et même des nourrissons de la RD Congo, l’accès
à l’eau potable reste un rêve encore loin d’être réalité… un luxe que seule une
minorité peut se permettre.
Le problème de l’accès à l’eau potable reste un défi à
l’échelle de la nation. La situation est préoccupante dans le milieu rural, où
la population devra se contenter de l’eau de pluie, des eaux des rivières elles-mêmes
polluées par toutes sortes de déchets, y compris les excréments humains et les
acides toxiques des produits de toilettes et de lessive. Dans d’autres milieux,
les populations se contentent des eaux de marais, qui s’accumulent avec le
ruissellement des eaux de pluie.
Dans la mégalopole de Kinshasa, avec une population
dont Dieu seul connait le chiffre exact, le problème de l’eau est un drame
social. Plusieurs quartiers connaissent un drame silencieux, que les autorités
publiques observent, parfois avec sentiment d’impuissance et parfois non sans
indifférence.
L’accès à l’eau potable, un drame criant à Bibwa
On est sidéré de voir le développement de grandes
maladies, dues à la mauvaise qualité de l’eau, dans une ville surpeuplée.
Tel est la situation de la population de Bibwa, dans
la partie Est de Kinshasa. Sur ce terrain sablonneux s’étendant à perte de vue
s’effectue un lotissement incontrôlé. Une grande population s’y installe depuis
presque qu’une quinzaine d’années et continue à agrandir à une vitesse
vertigineuse.
Parmi les défis que présentent le quartier Bibwa, il y
a la pénurie de l’eau. Le CICR fait d’ailleurs le même constat. Et sur leur
site internet on peut lire ce témoignage : « Arlette, 27 ans, est veuve et mère de trois
enfants. Elle se réveille tous les jours à 4 heures du matin pour être parmi
les premiers à atteindre un point d'eau éloigné de son domicile. Elle emprunte
les avenues sablonneuses de ce coin reculé de la ville, avant les premières
lueurs du jour. Mais jamais seule. « Nous y allons en groupe de trois ou quatre
personnes parce que nous ne sommes pas à l'abri d'une mauvaise rencontre »,
indique-t-elle. Sur ces routes, les agressions sont fréquentes. » (https://www.icrc.org/fr/document/rdcongo-kinshasa-entre-covid-19-et-penurie-deau?gclid=Cj0KCQiAh4j-BRCsARIsAGeV12C9oXEhCxUZoAwjyVvZ5boe860Q4lOES2IRtCqRxNJ-3FZMkKfvbm8aAp9pEALw_wcB) Et plusieurs autres organismes internationaux
font le même constat macabre.
Comme
Arlette, des milliers de femmes et jeunes filles doivent se livrer au même
calvaire, journalièrement. Des enfants, personnes âgées, des nourrissons et mêmes
des familles entières en subissent les conséquences.
Un forage d’eau potable en pleine période de
Covid-19
Afin de contribuer à alléger la misère des habitants de cette partie de la ville, un
forage d’eau a été construit sur l’avenue Léna, en pleine période de Covid-19.
Ce projet a été à 90% financé par les Chrétiens de l’Unité paroissiale Westend
par le truchement de la Internationales Katholisches Missionswerk Ludwig
Missionsverein.
Ce site consiste en un forage de 50m de profondeur. Une pompe imergée actionée par un groupe électrogène de 5KVA fait monter l’eau dans une citerne en plastique de 3000 litres, elle-même montée sur un support métallique. La demande est tellement forte que parfois le moteur est actionné jusqu’à couvrir 8000 litres d’eau servis à la population.
Afin de contribuer aux frais d’entretien des équipements et de la rémunération du personnel aidant, la population est invitée à apporter une contribution symbolique pour l’usage de l’eau. Cette contribution s’élève à 100FC pour un bidon de 25 litres, soit 4FC le litre.
Pour
la population de Bibwa Lena et ses environs, ce geste d’attention leur va droit
au cœur : finis les kilomètres à parcourir pour se procurer de l’eau
potable. Finis les charges à soulever sur des longues distances. L’eau est
désormais à portée de mains.
Tout
en remerciant l’Association Lueurs d’Espérance Asbl et le Centre de Formation
Désiré ainsi que les donateurs nationaux et étrangers, la population encourage
l’Asbl de multiplier de tels gestes afin de contribuer à l’amélioration de la
qualité de la vie et au soulagement de la misère des populations congolaises.


























